Télé-réalité et séries américaines

Pan Am – Pilot (1.01)

Les années 60, une célèbre compagnie aérienne, ses hôtesses de l’air modèles et ses merveilleux pilotes… En regardant le pilote de Pan Am (le premier épisode, bien sûr, pas l’acteur), j’ai eu envie de soupirer. Pas parce qu’il est mauvais, au contraire, mais parce que cette ambiance sixties aseptisée au sein de la Pan American Airlines, c’est un monde trop beau et trop parfait pour moi. Et pourtant, le temps d’un seul épisode, je me suis fait aux brushings parfaits, aux peaux lisses, aux vêtements sans tache et aux sourires éclatants.

Il faut dire que ce monde merveilleux de Pan Am est un régal. De jolies hôtesses de l’air, triées sur le volet selon des critères de beauté très stricts. On est d’ailleurs prévenus dès le départ : tout signe extérieur de mocheté est proscrit, et la carrière de ces demoiselles s’arrête à leur 32ème anniversaire ou quand elles trouvent un mari. Cela nous change de l’hôtesse acariâtre et ridée de 2011. Et que dire des pilotes de ligne de la Pan American ? Des hommes parfaits, de la chaussure lustrée à la casquette brillante, des modèles pour tout un chacun. Et on nous le fait savoir dès les premières images de l’épisode, avec l’émerveillement d’un enfant devant ce pilote d’avion, le rêve d’avenir de tout petit Américain qui se respecte. Même petite piqûre de rappel dans la dernière scène du pilote de Pan Am, mais côté féminin cette fois, avec une gamine subjuguée par la beauté d’un groupe d’hôtesses.

Mais bon, la perfection visuelle des personnages, ça n’a jamais construit une série. Alors Pan Am se dote d’intrigues tout à fait intéressantes pour un premier vol. Les aventures amoureuses de Colette, l’hôtesse française, avec un passager qui se révèle être marié. La nouvelle, Laura, est propulsée « icône de la compagnie » en posant pour le magazine Life, ce qui inspire la jalousie ou l’admiration de ses collègues. Et celle qui était mise à pied, Maggie (jouée par Christina Ricci), est rappelée de justesse quand une hôtesse manque à l’appel. Pas de quoi atteindre le septième ciel mais ces petites histoires se mélangent bien entre elles. De toute façon, il y a tellement d’histoires à raconter dans un avion, que ce soit celles du personnel navigant ou des passagers, que je ne fais pas d’inquiétude sur le manque d’inspiration des scénaristes de Pan Am.

Mais voilà, ces intrigues plutôt bienveillantes sont un peu légères pour la série d’envergure type Mad Men dont veut se doter ABC. C’est pourquoi on ne sera qu’à moitié surpris de voir un petit suspense s’installer. Déjà autour de la disparition de Bridget Pierce, la commandant de bord remplacée à la dernière minute et qui n’est autre que la petite amie du jeune et beau pilote, Dean. Et c’est avec brio que plusieurs flashbacks sont utilisés au cours de l’épisode pour nous en dire plus sur chaque petite histoire. Pour éviter d’étouffer à l’intérieur de l’appareil en vol pendant 42 minutes, Pan Am nous offre donc des petites escapades dans le passé, et ça fait du bien puisque ces flashbacks sont loin d’être inutiles. Ils ponctuent même de manière impeccable un premier épisode assez rythmé.

Et puis il y a l’intrigue autour de Kate… Hôtesse de l’air apparemment sans histoires, la belle Kate remplit en fait des missions secrètes pour le gouvernement américain. Pan Am nous plonge en pleine Guerre Froide, et avec un petit flashback sur la Baie des Cochons en prime ! Si je ne m’y attendais pas tellement, c’est plutôt une bonne surprise pour moi. Les histoires d’espionnage m’ont toujours plu mais Pan Am ne pourra pas être un Alias bis, et elle n’en a sûrement pas la prétention, ni l’envie d’ailleurs.

C’est donc dans un sentiment d’expectative que j’attends le deuxième épisode de Pan Am, qui a réussi à me séduire en imposant son style propret des années 60 et des intrigues pas véritablement passionnantes mais en accord avec mes premières attentes.

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