Télé-réalité et séries américaines

Ringer – Pilot (1.01)

Un épisode qui noue des intrigues intéressantes avec des personnages pas toujours à la hauteur de Sarah Michelle Gellar, qui signe un retour plutôt réussi à la télévision.

Tout le monde sériephile en parle depuis des mois : le retour de Sarah Michelle Gellar, ancienne héroïne de Buffy, dans une série ! Bien que cette annonce ne me fasse ni chaud ni froid, n’étant pas ultra fan de Buffy contre les vampires, j’étais intrigué par l’effet que pouvait produire cette actrice sur une série : la porter ou la détruire. En regardant les audiences du pilote de Ringer (2,9 millions de téléspectateurs sur la CW), on ne peut pas dire que le succès soit au rendez-vous, même si ces chiffres ne sont pas mauvais. On peut donc en conclure qu’il n’y a pas eu d’effet SMG. Dans un sens, cela me rassure qu’une série ne doive pas son succès, ou son échec d’ailleurs, qu’à son acteur principal. Reléguer le reste du cast et le scénario au second plan, très peu pour moi.

Voilà en bref l’histoire que nous présente Ringer (qui signifie sosie) : Bridget (Sarah Michelle Gellar), témoin protégé dans une affaire de meurtre, échappe à la vigilance de la police et se réfugie chez sa sœur jumelle, Siobhan. Cette dernière disparaît dans des circonstances mystérieuses et Bridget, croyant sa sœur morte, décide de prendre sa place. Mais, poursuivie et presque tuée, voilà qu’elle se rend compte que la vie de Siobhan n’était peut-être pas aussi rose que ce qu’elle pensait.

La série repose donc, vous l’aurez compris, sur les épaules de Sarah Michelle Gellar dans ses deux rôles titres : Bridget et Siobhan. Car cette dernière n’est pas morte, bien au contraire, sinon quel intérêt d’en faire une série ? Le pilote est assez clair dans l’ensemble, laissant juste assez de mystère sur les raisons de la disparition de Siobhan. On la sait poursuivie et en danger de mort, mais il est intrigant de savoir d’où vient cette menace. En effet, on nous présente une Siobhan bien sous tous rapports, comparée à une Bridget au lourd passé d’alcoolique et de droguée qui tente de s’en sortir tant bien que mal. Sarah Michelle Gellar est parfaite dans ces deux rôles qui vont s’imbriquer au fur et à mesure de l’épisode (et de la série). Je l’ai trouvée juste dans ses propos, son ton de voix et ses émotions, malgré une pointe d’exagération au moment de la disparition de Siobhan dans le bateau en pleine mer.

Ce pilote m’a fait me rendre compte d’une chose, et c’est aussi pour cela que je l’ai apprécié. J’ai compris qu’on avait tous des a priori sur les personnes qui nous entourent et qu’on envie souvent certaines personnes parce qu’elles semblent avoir une meilleure vie que la nôtre. Mais on se rend bien compte avec Ringer que vivre la vie d’un autre peut dévoiler bien des surprises sur des personnes qui paraissaient bien sous tous les angles. Les secrets autour de Siobhan sont encore bien gardés, mais ce n’est que le pilote, après tout, et on ne peut pas lui demander de nous apporter toutes les réponses à nos questions.

Pour ce qui est des personnages secondaires, ils n’ont bien évidemment pas la profondeur donnée à Bridget et Siobhan, cette dernière que l’on voit finalement peu mais qu’on découvre à travers sa sœur jumelle qui a pris son identité. Le fiancé de Siobhan, Andrew, est distant avec elle (enfin, avec Bridget, du coup). Leur relation semble chaotique mais Andrew nous apprend qu’il ne fait « que suivre les règles du jeu » que Siobhan a mis en place. Intrigant, n’est-ce pas ? Se serait-elle mise avec lui pour son argent ? Mais quel intérêt pour lui, dans ce cas ? Beaucoup de questions demeurent autour de ce couple d’une froideur extrême. Quant à l’interprétation de Ioan Gruffudd (Mister Fantastic dans Les 4 Fantastiques), elle est plutôt sans âme et vide mais cela convient au personnage, alors c’est passé pour moi.

Mais Siobhan a un amant, alors je suis rassuré pour sa libido. Son nom est Henry, et c’est le mari de sa meilleure amie, Gemma. Un peu dérangeant pour Bridget qui débarque comme le téléspectateur dans cette histoire adultérine qui est pour moi (pour le moment) une des facilités du scénario de Ringer. Cela reste en fait peu compliqué puisque le linge sale va être lavé en famille et entre amis, et c’est sûrement plus facile comme cela.

Du côté de Bridget et de « sa vie d’avant », seul le personnage de l’agent du FBI, Victor, m’interpelle. Peut-être parce qu’il est joué par Nestor Carbonell (Richard dans Lost), mais toujours est-il que j’ai apprécié ses différentes apparitions dans le pilote. Une interprétation juste, sans imposer la caricature du flic ni sortir tout à fait de son rôle.

Bien sûr, on gardera en tête les malheureux fonds verts lors des scènes en pleine mer, mais je trouve que le scénario tient pour l’instant la route. En tout cas, ce premier épisode m’a donné envie de voir la suite, et c’est évidemment bon signe.

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