Télé-réalité et séries américaines

Grey’s Anatomy – Golden Hour (7.15)

Date: 21 février 2011 at 18 h 00 min- by Mikael- Posted in Grey's Anatomy, Séries US and tagged , , , , - Comment(s): 0

Je dois avouer que la saison 7 de Grey’s Anatomy ne m’a pas transporté depuis ses débuts. On était arrivé à un tel niveau en fin de saison dernière qu’il était forcément difficile d’essayer de l’égaler. Les traumatismes de chaque personnage ont sûrement ralenti le développement de ce début de septième saison mais en même temps je comprends le désir des scénaristes de traiter de ce sujet, pour des questions de réalisme notamment. On est maintenant loin de ces traumatismes et Christina en a fini avec ses crises à chaque fois qu’elle entre au bloc opératoire, ça fait plaisir.

Ce qui est bien dans cette nouvelle saison, c’est que Grey’s Anatomy innove. On a eu droit à un épisode style reportage sur les médecins du Seattle Grace Hospital suite aux conséquences du final de la saison précédente ; et là, on nous offre un épisode génialement réalisé en temps réel, « 24 style ».

Cet épisode, intitulé « Golden Hour », m’a vraiment redonné goût à la série. Ça sentait la maîtrise du sujet, du scénario à la réalisation en passant par la musique. Oui, la musique collait parfaitement avec cet épisode. En ouverture, déjà, l’intro de « Love like a sunset » du groupe versaillais Phoenix. Moins de 45 secondes qui, dès la première note, font de cette « heure en or » une pièce maîtresse de Grey’s Anatomy.

Meredith est le personnage central de cet épisode. C’est bien pour elle et pour les téléspectateurs parce que ça faisait longtemps qu’on la prenait pour une figurante, plantée là avec son Derek à devenir le couple de petits vieux gâteux qui commencent déjà à prendre leurs collègues pour leurs enfants. On redécouvre une Meredith docteur avant tout, sensible c’est vrai, mais professionnelle.

C’est donc au gré des va-et-vient de cette chère Meredith Grey que la caméra nous emporte. Parmi les patients dont elle a la charge pendant cette heure, il y a ce père qui est venu aux urgences seul en se plaignant d’une douleur au cœur, mais qui voudrait partir rapidement pour aller voir le match avec son fils. Très émouvant, ce papa. Et pourtant, on sent qu’il va pas pouvoir faire plaisir à son fils. Bingo ! Son état s’aggrave et il doit être emmené au bloc en urgence.

Et là, c’est une scène vraiment prenante d’environ 5 mn à laquelle on assiste. Du moment où Meredith entre dans la chambre du patient en train de s’effondrer, « Love like a sunset » de Phoenix revient nous faire chavirer avec ce rythme lancinant, stressant, émouvant. On suit les Dr Altman et Grey dans l’ascenseur et la tension ne fait qu’augmenter, aidée par cette chanson qui prend aux tripes. On les sent déterminées, même si l’espoir peut paraître mince pour ce patient qui essayait de rassurer son jeune fils au téléphone quelques minutes auparavant.

On entre ensuite dans le bloc opératoire où tout s’accélère. Et c’est bien la première fois dans Grey’s Anatomy que j’ai l’impression d’assister à une opération chirurgicale de bout en bout, transporté à l’intérieur de la salle d’op’ grâce à Phoenix. La tension et le stress montent, tout va très vite et on a l’impression que la musique danse avec les personnages, soulignant chaque mouvement, chaque parole, chaque bip des machines. Jusqu’à cet instant où tout bascule : le patient se vide de son sang par le nez et les oreilles, il n’y a plus rien à faire pour le sauver. « Love like a sunset » suit ce pic de tension jusqu’au bout et retombe avec les personnages pour nous amener vers Meredith qui doit annoncer la fameuse heure de la mort. On voit ses yeux s’embuer, son rythme cardiaque reprendre un rythme normal en même temps que la chanson de Phoenix s’éteint, à l’image du patient qu’elle n’a pas pu sauver.

« Time of death : 18:52 »…

Je suis resté scotché devant cette longue scène, pendu aux lèvres des médecins, accroché à chaque note de « Love like a sunset », mettant mes mains gantées dans ce corps ouvert en sang, essayant de réparer tant bien que mal cette aorte déchirée, sentant ce cœur cesser peu à peu de palpiter, jusqu’à l’arrêt définitif…

Cette scène rythmée, prenante, émouvante, est à l’image de cet épisode. L’interprétation d’Ellen Pompeo dans « Golden Hour » était magnifique, ses yeux brillants en faisant cette annonce fatidique, ses trémolos dans la voix au moment d’annoncer la mort du patient à sa famille par téléphone.

En lui redonnant de la vigueur, de l’entrain et une émotion simple, Phoenix a vraiment fait renaître Grey’s Anatomy de ses cendres…

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